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Photographie parue dans Armes et Sports du 30 septembre 1905, p. 362Photographie parue dans Armes et Sports du 30 septembre 1905, p. 362

Portrait posthume

Le 17 septembre 1905, alors que Marcel Rol revient d’un reportage photographique au Mont Ventoux, la voiture Mors qui le transporte, conduite par le pilote Jules Collomb, fait une embardée avant d’arriver à Carpentras. Marcel est projeté hors du véhicule et meurt sur le coup.

A peine connu un an plus tôt, Marcel Rol avait atteint à la fin de l’été 1905 une certaine notoriété. Les jours suivant son décès, L’Auto, Le Monde illustré, la Vie illustrée, Armes et Sports, La Vie au Grand Air, Le Sport Universel illustré publient une photographie du défunt, ce qui est extrêmement rare à l’époque.

Mal renseignés, Le Matin, L’Eclaireur de Nice,  affirment que Marcel Rol était dessinateur ou encore photographe-rédacteur au journal La Vie au Grand Air. Le Figaro donne des indications plus fiables : « M. Roll (sic), reporter-photographe, [était le] directeur d’une agence d’illustrations, attaché plus particulièrement aux publications sportives et tout spécialement à la revue Armes et Sports ».

On le décrit comme un «excellent photographe sportif des plus estimés», « brave et digne garçon »[1], qui  « avait fondé récemment une agence de photographie qu’il avait rapidement su placer aux premiers rangs »[2]. Paul Rousseau, dans Le Temps, confirme que celle-ci "était en pleine prospérité". Le Monde illustré ajoute qu’il était "très intelligent, très adroit", "c'était un grand, fort gaillard plein de vie, travailleur acharné, qui à force de persévérance, avait réussi, après des débuts très pénibles, à forcer la fortune à lui sourire".

"Nous l'aimions tous" dit Jean Lafitte[3] dans L’Echo de Paris, « [ce] photographe si sympathique ». Dans La Dépêche de Toulouse[4], signant sous le pseudonyme de Pleinair, il ajoute : « Marcel Rol qui vient d'être tué d'une façon si tragique était un de nos amis les plus sincères. Dans notre petit monde des sports il avait su acquérir une sympathie générale : il n'y comptait que des amis. Nous avions vécu avec lui les dix jours qu'a duré la coupe des Pyrénées et il nous avait de suite conquis par sa franchise et sa bonhomie tout a fait charmantes».

Le journal sportif L’Auto et la revue Armes et Sportscontiennent les articles nécrologiques les plus fournis sur Marcel Rol. Les deux périodiques sont alors les premiers clients de l’agence. Marcel Rol était leur photographe attitré. Le journaliste Georges Lefèvre donne des détails sur la carrière photographique de Marcel et certifie que « partout, dans tous les endroits où l’on faisait du sport […], la silhouette du courageux garçon devenait familière aux sportsmen »[5].

Edouard Pontié[6], rédacteur en chef d’Armes et Sports, rédige son article-hommage « les yeux baignés de larmes ». C’est « un ami » proche qu’il perd et il nous apprend qu’il "menait à bien le formidable service d'illustrations de ce journal, [il] en était à la fois l'ouvrier et l'organisateur, et [il] était […] universellement apprécié"[7].

 



[1] Le Gaulois du 19 septembre 1905, p. 3

[2] Le Sport Universel illustré du 24 septembre 1905, p. 622

[3] Jean Lafitte est photographié par Marcel Rol le 28 juillet 1905 alors qu’il escalade en sa compagnie le col du Crucifix (photo parue dans Armes et Sports du 15 août 1905, p.293). Voir l’article des Sports du 30 juillet 1905.

[4] La Dépêche du 18 septembre 1905, p. 3. Un article du journal sportif Les Sports daté du 20 août 1905 consacré à la Coupe des Pyrénées  stipule « Jean Lafitte de la Dépêche de Toulouse et de l’Echo de Paris »

[5] Article nécrologique paru dans L’Auto du 18 septembre 1905 écrit par Georges (Géo) Lefèvre (1877-1961)

[6] Edouard Pontié (1878-1940), né à Cahors, fut athlète, puis journaliste. Il a été rédacteur dans de nombreux périodiques dont Armes et Sports etLa Vie illustrée. Ami de Marcel Rol, il apparaît sur plusieurs photos de l’agence (n° 1366-1620-1621-1622-2135-2136)

[7] Article nécrologique d’Edouard Pontié, paru dans Armes et Sports du 30 septembre 1905

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Les textes et la mise en page de ce site sont l'oeuvre de Jacques Gasté.

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